Ouest-indienne accélérée
Les noirs tendent la main vers le fianchetto tranquille de la Défense ouest-indienne un coup trop tôt, et offrent aux blancs exactement ce que l’ordre de coups normal existe pour empêcher.
L’idée est facile à aimer. Les noirs veulent le mobilier classique de la Défense ouest-indienne : fou en b7 respirant sur la grande diagonale, une structure saine, aucun engagement précoce au centre. Jouer 2...b6 immédiatement semble y mener plus vite, et contre un joueur blanc qui répond par Nf3, c’est effectivement le cas. La partie retourne généralement tout droit dans les canaux normaux de la Défense ouest-indienne. Le hic, c’est ce qui se passe quand les blancs ne coopèrent pas.
Dans l’ordre orthodoxe, les noirs ne jouent ...b6 qu’après que les blancs ont engagé leur cavalier en f3, et l’insertion de ...e6 signifie que le fou de f8 peut sauter en b4 pour combattre Nc3 et la poussée e4. Ici, les noirs ont sauté ...e6, donc après 3. Nc3, ce clouage n’est tout simplement pas disponible. Le fou reste enfermé derrière son propre pion e. E4 devient très difficile à empêcher. Les blancs obtiennent le large centre gratuitement, et le fou qui arrive en b7 trouve un pion e4 bien défendu au lieu d’une case faible. Ce seul détail d’ordre de coups résume l’essentiel de ce que la théorie a à dire sur cette ligne.
Rien de tout cela ne rend 2...b6 mauvais, à proprement parler. Cela en fait une concession que la plupart des adversaires de club ne savent pas encaisser. Le fou de b7 a toujours son mot à dire, et chaque pion blanc qui avance au centre se rapproche aussi des contre-attaques noires. Mais l’étiquette honnête, c’est : une vraie Défense ouest-indienne, moins sa meilleure police d’assurance.
Joue 3. Nc3 et assume-le : e4 est tout l’enjeu, pris immédiatement ou préparé avec f3. Cela construit le centre complet que les noirs ont renoncé à contester. À partir de là, les blancs développent naturellement, roquent, et profitent du fait que le fou de cases claires des noirs fait pression contre une chaîne de pions plutôt que contre une faiblesse. Si tu préfères ne rien apprendre de nouveau, 3. Nf3 transpose vers des positions ordinaires de Défense ouest-indienne où les noirs n’ont rien à redire. Solide, mais cela pardonne entièrement l’ordre de coups.
Joue vite ...Bb7 et ...e6, puis décide de quel type de partie il s’agit. Contre 3. Nf3, cela devient une Défense ouest-indienne standard, exactement ce que voulaient les noirs. Contre 3. Nc3, le plan, c’est la contre-attaque : laisse les blancs construire avec e4, puis frappe le front du centre avec ...d5 ou ...c5 pendant que le fou de b7 et le cavalier de f6 s’associent contre e4. Note qu’une fois ...e6 joué, ...Bb4 arrive enfin pour embêter le cavalier. Ce que les noirs ne peuvent pas faire, c’est développer lentement en espérant. Contre le grand centre, la frappe doit arriver avant que les blancs n’aient fini de se coordonner.
Au niveau club (1600-2000 sur Lichess), l’ordre de coups accéléré est un spectacle vraiment courant. 607 466 parties de notre base de données le suivent, même si seulement 0,8 % des joueurs choisissent 2...b6 depuis la position après 2. c4. Ils marquent 48 % avec ce coup. La réponse des blancs est catégorique : 3. Nc3 dans 75,8 % des parties, marquant 52 %. C’est précisément le coup que l’ordre orthodoxe de la Défense ouest-indienne est conçu pour décourager. 3. Nf3 (14 % des parties) marque 52 %, tandis que l’essai le plus pointu, 3. f3 préparant e4, n’apparaît que dans 1,7 % des parties mais marque 55 %.
- Famille
- Ouest-indienne accélérée
- Catégorie
- Indienne
- Premier coup
- 1.d4
- Code ECO
- A50
- Ligne
- 1. d4 Nf6 2. c4 b6