Ouverture du cavalier roi
Le coup le plus naturel des échecs. Le cavalier sort pour attaquer e5, et toute grande partie ouverte démarre d'ici : Italienne, Espagnole, Écossaise, et les autres.
1.e4 e5 2.Nf3 est moins une ouverture qu'un carrefour. Les blancs développent une pièce vers le centre, attaquent le pion e5, et se préparent à roquer. Trois bonnes choses arrivent en un seul coup. À partir d'ici, la partie se ramifie vers l'essentiel du canon classique. 2...Nc6 mène vers l'Italienne, l'Espagnole et l'Écossaise. 2...Nf6, c'est la Petrov. 2...d6, c'est la Philidor.
La vertu de ce coup, c'est qu'il pose immédiatement une vraie question. Le pion e5 est attaqué, donc les noirs ont un problème concret dès le deuxième coup. Défendre le pion, contre-attaquer e4, ou l'offrir en gambit pour l'activité. C'est pour cela que les professeurs orientent les joueurs en progression vers ce coup. Chaque réponse t'apprend quelque chose sur la vraie mécanique des échecs.
Il n'y a aucune ruse là-dedans, et rien qui puisse se démoder. La pression est honnête et permanente, et les positions qui en résultent récompensent celui qui les comprend le mieux. Si tu joues 1.e4 et que tu veux que tes résultats reposent sur la compréhension plutôt que sur la surprise, voici le coup.
Les blancs veulent un développement rapide et un combat pour le centre. Maintenir la pression sur e5, amener le fou en c4 ou b5, roquer petit, et jouer d4 au bon moment pour ouvrir la position tout en étant en avance de développement. Dans les dispositifs espagnols, la pression sur e5 devient un étau à long terme. Dans les dispositifs italiens et écossais, elle se transforme en frappes centrales rapides. Dans tous les cas, le plan garde une seule forme : les pièces sorties, le roi en sécurité, le centre ouvert aux conditions des blancs.
La première tâche des noirs, c'est le pion e5. Le défendre avec 2...Nc6 ou 2...d6, contre-attaquer avec 2...Nf6, ou l'abandonner volontairement dans un gambit. Ensuite, le combat porte sur l'égalité centrale. Les noirs veulent ...Nf6 et un ...d5 bien préparé avant que l'avance de développement des blancs ne devienne quelque chose de permanent. La règle pratique est simple : répondre d'abord à la menace concrète, se développer ensuite, et ne jamais ouvrir la position en étant en retard de développement.
Au niveau club (1600-2000 sur Lichess), c'est tout simplement là que les échecs se jouent. 63,8 % de toutes les parties 1.e4 e5 continuent par 2.Nf3. Sur plus de 320 millions de parties de notre base de données, les blancs marquent 53 %. Les réponses principales des noirs sont 2...Nc6, à 65,7 % des parties et 47 % pour les noirs. La Philidor avec 2...d6 représente 15,5 % et marque 46 %. La Petrov avec 2...Nf6 apparaît dans 10,9 % et marque 48 %. Un chiffre à garder de côté : la Damiano avec 2...f6 n'apparaît que dans 0,3 % des parties et marque 36 % pour les noirs. Le piège ci-dessous explique pourquoi.
Paul Morphy — Sa Partie de l'Opéra a débuté par 1.e4 e5 2.Nf3 d6. Toute sa carrière est l'argument en faveur de cette ouverture : se développer vite, ouvrir le centre, punir quiconque prend du retard.
Le piège Damiano. 2...f6 défend e5 avec le mauvais pion, et 3.Nxe5 fonctionne quand même. Après 3...fxe5 4.Qh5+, les noirs sont déjà perdus. Si 4...g6, alors 5.Qxe5+ fourchette le roi et la tour. Si 4...Ke7, alors 5.Qxe5+ Kf7 6.Bc4+ traîne le roi à travers l'échiquier. La meilleure tentative des noirs est de refuser le cavalier avec 3...Qe7, ce qui te dit à quel point le deuxième coup a mal tourné.
- Famille
- Ouverture du cavalier roi
- Catégorie
- Ouverte
- Premier coup
- 1.e4
- Code ECO
- C40
- Ligne
- 1. e4 e5 2. Nf3