Ouverture hongroise
Le coup le plus discret des échecs : 1.g3 n'engage presque à rien, sinon un fou en g2 et une longue partie jouée aux conditions des blancs.
1.g3 dit : je fianchette, montre-moi d'abord ton dispositif. Il ne revendique rien au centre et ne menace rien. C'est précisément sa force. À partir de ce seul coup, les blancs peuvent diriger la partie vers un jeu façon Catalane avec c4 et d4, une Anglaise avec c4, ou une Attaque indienne du roi avec d3 et e4, en choisissant toujours la version qui s'accorde le plus mal avec ce que les noirs ont déjà engagé. C'est une ouverture pour les joueurs qui se soucient davantage du milieu de jeu qu'ils obtiendront que du nom de l'ouverture sur la feuille de partie.
On l'appelle parfois l'Ouverture Benko, d'après Pal Benko, qui a fait confiance à ce coup modeste au plus haut niveau. Il l'a employé au Tournoi des candidats de 1962 contre Fischer et Tal. Le fou de g2 est le fil conducteur de toutes les versions : il pèse sur d5 et b7 pendant toute la partie, abrite le roi, et a tendance à survivre à son homologue jusque dans la finale.
Le compromis est honnête. Les blancs concèdent le centre pour un temps et parient sur le fait de le miner plus tard avec c4, e4 ou f4 ; les noirs peuvent prendre ce qu'on leur offre la conscience tranquille et égaliser avec des coups naturels. Les parties se décident rarement avant le vingtième coup. C'est en général exactement ce que voulait le joueur de 1.g3.
Les blancs veulent une transposition favorable : Bg2 et Nf3 d'abord, puis un choix entre c4 et d4 pour un étau façon Catalane, c4 seul pour une Anglaise, ou d3 et e4 pour une Attaque indienne du roi contre les dispositifs ...e6 et ...d5. Le fou de g2 porte le poids de la partie du début à la fin. Il pèse sur d5 et b7, abrite le roi, et offre des cibles positionnelles lentes plutôt qu'un combat précoce. Les blancs se contentent volontiers de dix coups de manœuvre avant la première vraie confrontation.
Prendre ce qu'on offre. ...d5 et ...e5 avec un développement naturel revendiquent le centre que les blancs ont décliné, et les dispositifs solides ...c5 et ...Nf6, ou un simple miroir avec ...g6, sont tous parfaitement respectables. Une seule erreur existe contre 1.g3 : dériver sans plan pour le centre. Cela offre aux blancs exactement la partie informe et manœuvrière que l'ouverture est conçue pour gagner.
Au niveau club (1600-2000 sur Lichess), 1.g3 ouvre 1,1 % des parties et marque un solide 51 % pour les blancs sur environ 26 millions de parties. Les réponses les plus courantes des noirs sont les coups centraux orthodoxes. 1...d5 apparaît dans 34,9 % des parties, et 1...e5 dans 22,4 %. Les deux marquent 49 % pour les noirs. Curieusement, la réponse courante la mieux notée est le flexible 1...Nf6 (7,2 % des parties, 51 % pour les noirs) : répondre à un coup d'attente par un coup d'attente s'avère être une stratégie saine.
Pal Benko — 1.g3 est parfois appelée l'Ouverture Benko en son honneur. Il l'a jouée au Tournoi des candidats de 1962 contre Fischer et Tal.
- Famille
- Ouverture hongroise
- Catégorie
- De flanc
- Premier coup
- Other
- Code ECO
- A00
- Ligne
- 1. g3