Attaque Richter-Veresov
Une ouverture du pion dame aux intentions de pion roi : les blancs bloquent volontairement le pion c, pointent leurs deux premières pièces vers le centre, et jouent pour forcer e4 et un combat ouvert.
Au pays du d4, 2. Nc3 est une petite hérésie. Ce coup bloque le pion c sur lequel s’appuient la plupart des systèmes de pion dame. Le Veresov commet le péché en toute connaissance de cause. Le plan des blancs n’est pas l’espace à l’aile dame. C’est la rupture e4, préparée par f3 ou soutenue par la dame. Après cette rupture, la partie ressemble davantage à une ouverture agressive en 1. e4 qu’à un Gambit dame. Le clouage avec 3. Bg5 ajoute de la pression sur le cavalier de f6, la pièce qui monte la garde sur e4.
Le nom honore deux joueurs réellement documentés avec cette ligne : Kurt Richter, le maître d’attaque allemand des années 1930 dont les parties ont donné à la ligne sa réputation violente, et Gavriil Veresov, le maître biélorusse qui lui est resté fidèle pendant des décennies dans les tournois soviétiques. Elle a toujours vécu un cran sous les grandes lignes principales. Respectée comme un choix combatif, elle n’a jamais été assez à la mode pour être analysée jusqu’à l’épuisement. Pour un joueur de club, cet écart fait tout l’attrait.
Il y a aussi un écho moderne. La même idée de cavalier en premier, avec le fou en f4 plutôt qu’en g5, est devenue le boom du Jobava London. Les données de club montrent la mode sans détour : le Veresov est le grand frère plus tranchant et plus ancien du système que tout le monde joue aujourd’hui.
Tout sert la rupture e4 : f3 pour la pousser, ou Qd3 pour la soutenir. Souvent, cela s’accompagne d’un grand roque et de pions à l’aile roi lancés contre le roi noir. Le clouage Bg5 est une menace permanente. Le coup Bxf6, au bon moment, abîme la structure noire ou remporte la lutte pour e4 en éliminant son défenseur. Les blancs veulent un milieu de partie déséquilibré, avec des chances d’attaque, avant que la solidité centrale supplémentaire des noirs ne commence à peser.
Le travail des noirs est de garder e4 sous contrôle et d’ouvrir la position à leurs propres conditions. Les recettes solides incluent : ...e6 avec ...Be7 pour émousser le clouage, ...Bf5 pour développer le fou à problème avant de fermer la chaîne de pions, ou ...Nbd7 en gardant ...e5 et ...c5 en réserve. Ne crains pas Bxf6 : reprendre garde une structure jouable. Face à une construction blanche lente, réponds par une contre-attaque rapide ...c5.
Au niveau club (1600-2000 sur Lichess), le Veresov est le chemin le moins emprunté depuis son propre carrefour. Après 1. d4 Nf6 2. Nc3 d5, les joueurs de club préfèrent désormais 3. Bf4 (le coup Jobava) dans 45,2 % des cas, avec 3. Bg5 en deuxième position à 19,2 %. Ce coup marque 52 % pour les blancs sur environ 1,9 million de parties. La réponse préférée des noirs est 3...e6 (39,8 % des parties, 47 % de score pour les noirs), puis 3...Bf5 (13,9 %, 48 %) et 3...c6 (10,5 %, 50 %). La star discrète, c’est 3...Nbd7 : choisi dans seulement 8,5 % des cas, c’est la réponse courante la mieux notée pour les noirs, à 52 %. La plupart des adversaires ne la connaîtront pas.
Kurt Richter — Le maître berlinois dont les parties d’attaque féroces dans les années 1930 ont mis la ligne sur la carte.
Gavriil Veresov — Le maître biélorusse l’a jouée fidèlement pendant des décennies dans les échecs soviétiques, et son nom lui est resté attaché.
- Famille
- Attaque Richter-Veresov
- Catégorie
- Indienne
- Premier coup
- 1.d4
- Code ECO
- D01
- Ligne
- 1. d4 Nf6 2. Nc3 d5 3. Bg5