Défense est-indienne
Un carrefour plutôt qu’un champ de bataille : les noirs annoncent un dispositif est-indien, et ce sont maintenant les blancs qui décident de l’ouverture que cette partie va réellement devenir.
La Défense est-indienne est moins une défense qu’une bifurcation. Après 1.d4 Nf6 2.Nf3 g6, les noirs se sont engagés dans un fianchetto roi et rien de plus, pendant que les blancs ont gardé le pion c à la maison. À partir d’ici, 3.c4 fait basculer la partie dans la Défense est-indienne classique, celle des livres. 3.Bf4 en fait un Système Londres. 3.Bg5 est une Attaque Torre. 3.g3 mène vers un milieu de jeu à double fianchetto. Le nom existe surtout pour que les bases de données aient un mot à donner à la position avant qu’elle ne devienne autre chose.
Cette flexibilité est tout l’intérêt de la position, pour les deux camps. Les joueurs noirs qui aiment la Défense est-indienne jouent cette position avec plaisir. Presque aucun choix des blancs ne leur fait éviter le dispositif qu’ils veulent : fou en g7, petit roque, ...d6, puis choisir le bon moment pour ...e5 ou ...c5. Les joueurs blancs qui retiennent c4 sont en général des joueurs de système. Les adeptes du Système Londres et de l’Attaque Torre comptent obtenir leur structure quoi que fassent les noirs.
Le vrai contenu de cette position tient en une question : qui obtient le milieu de jeu qu’il préfère ? Le fianchetto que les noirs choisissent ici est le même dispositif que Fischer et Kasparov ont adopté en route vers d’innombrables victoires est-indiennes. Il ne cède rien. Apprends-le une fois, et tu as une réponse cohérente à presque tous les systèmes tranquilles des blancs.
La première décision des blancs est aussi la plus lourde. 3.c4 revendique le centre entier et accepte un vrai combat est-indien, avec toute sa théorie. 3.Bf4 ou 3.Bg5 orientent la partie vers le Système Londres ou l’Attaque Torre, où les blancs développent la même chose à chaque partie et jouent pour un petit avantage sûr. Quel que soit le choix, surveille ...c5 et ...e5, les deux ruptures que les noirs utilisent pour frapper un centre d4 et Nf3. Ne laisse pas le fou de g7 fixer une aile dame non défendue.
Le plan des noirs change à peine, quoi que fassent les blancs : fou en g7, roque, ...d6, puis choisir la bonne rupture centrale. Contre 3.c4, cela veut dire toute la machinerie est-indienne : ...e5, un centre bloqué, et une attaque de pions à l’aile roi pendant que les blancs jouent sur l’autre aile. Contre les dispositifs Londres et Torre, ...c5 et une pression constante sur d4 sont la recette habituelle. Le fou de g7 donne un sens à chaque version du milieu de jeu.
Au niveau club (1600-2000 sur Lichess), c’est un choix authentiquement courant. Après 1.d4 Nf6 2.Nf3, le coup 2...g6 est celui que préfèrent les noirs, dans 32,8 % de près de 32 millions de parties. La position est-indienne elle-même apparaît plus de 10 millions de fois, avec un score de 49 % pour les noirs. Les meilleures tentatives des blancs sont 3.c4 (24,1 % des parties, 51 % de score pour les blancs), en route vers la Défense est-indienne classique. 3.Bf4 (21,3 %, 51 %) mène au Système Londres. 3.g3 (13 %, 52 %) complète les options principales. Le timide 3.e3 (12,9 %) ne marque que 48 %, le seul coup courant qui offre aux noirs une partie totalement confortable.
Garry Kasparov — Le dispositif est-indien vers lequel les noirs se dirigent ici a été l’une de ses armes fétiches. Ses attaques à l’aile roi qui en sortent sont un classique d’étude.
Bobby Fischer — A fait de la Défense est-indienne sa principale défense contre 1.d4 tout au long de sa carrière. Cette position en est la porte d’entrée quotidienne.
- Famille
- Défense est-indienne
- Catégorie
- Indienne
- Premier coup
- 1.d4
- Code ECO
- A48
- Ligne
- 1. d4 Nf6 2. Nf3 g6