Défense Benoni
Les noirs répondent à 1.d4 par le défi direct 1...c5 plutôt que par 1...Nf6, ce qui met en cause le centre blanc avant d’engager un cavalier. Après 2.d5 d6 3.Nc3 g6, les noirs fianchettent et roquent, puis ferment le centre par ...e5. Ils acceptent moins d’espace contre une chaîne de pions solide et un plan clair d’aile roi contre aile dame, comme dans l’est-indienne.
- Joue 1...c5 pour contourner la théorie du Gambit dame et de l’est-indienne, que la plupart des adversaires sous 1400 ne savent pas vraiment traiter.
- Si les blancs prennent avidement par 2.dxc5, réponds 2...Na6 ou 2...Qa5 pour frapper c5 et récupérer le pion ; ne sacrifie pas une pièce pour le forcer.
- Préfère 2...d6 et 3...g6 (le dispositif Schmid) au vieux 2...e5, qui enferme ton propre fou c8 et laisse c5 faible pour de bon.
- Termine ton développement par ...Bg7, ...Nf6 et O-O avant de t’engager à fermer le centre par ...e5.
- Une fois ...e5 joué, choisis une aile et tiens-t’y : à l’aile dame ...a6, ...Rb8 et ...b5 ; à l’aile roi ...Ne8 et ...f5. Mélanger les deux est l’erreur la plus fréquente en club.
- Roque vite : un fianchetto trop lent invite les blancs à ouvrir le centre ou l’aile roi les premiers par e4-e5 ou f4-f5.
Le nom vient du livre d’Aaron Reinganum paru en 1825, « Ben-Oni » — « fils de la douleur » en hébreu. La raison tient dans ses propres mots : il s’asseyait devant un échiquier chaque fois qu’il cherchait refuge contre la mélancolie. Tal a fait de la Benoni moderne une terreur dans les années cinquante et soixante : céder le centre pour pointer chaque pièce vers l’aile dame blanche comme une accusation.